mercredi 2 août 2017

La situation du dessin de presse au Canada


Depuis quelques années les postes de dessinateurs permanents dans les quotidiens canadiens fondent comme neige au soleil.

Aux États-unis, des dessinateurs tels que Mike Ramirez du LA Times, Mike Keefe du Denver Post, Tony Auth du Philadelphia InquirerNick Anderson du Houston Chronicle et Kevin Kallaugher du Baltimore Sun ont même perdu leur poste permanent peu après avoir remporté un prix Pulitzer.

Le Canada anglais, quant à lui, a vu la disparition des postes de Denny Pritchard au The Saskatoon Star-PhoenixFrank Edwards au Kingston Whig-StandardRoy Peterson  au Vancouver Sun,  John Larter au Calgary SunVance Rodewalt au Calgary Herald, Dan Murphy et Bob Krieger au Vancouver Province, Marc Beaudet au Journal de MontréalCam Cardow au Ottawa CitizenDale Cummings au Winnipeg Free Press, Adrian Raeside au Victoria Times-Colonist et, plus récemment, Susan Dewar au Ottawa Sun.

Quant à Patrick Corrigan et Theo Moudakis (Mou), ils sont désormais pigistes au Toronto Star alors que Merle Tingley (Ting) ne fut pas remplacé au London Free Press à son départ à la retraite.

En fait, à part Malcolm Mayes au Edmonton Journal, il n'existe plus de poste permanent à l'ouest d'Hamilton, Graeme Mackay ayant eu la chance d'y être embauché par le Spectator il y a vingt ans. Un phénomène qui ne s'est pas reproduit depuis.

La tendance a heureusement épargné le Québec grâce à l'absence de « syndicates »  dans la presse francophone.

Ce modèle d'affaire permet en effet à la presse anglophone de publier, à un prix dérisoire, le travail des dessinateurs désormais au chômage.

Le Québec ne comptant que neuf quotidiens, il n'est pas rentable pour un pigiste d'offrir ses services durant les vacances de leurs dessinateurs attitrés.

Qui plus est, les deux groupes de presse (Groupe Capitales Médias et Québécor) qui se partagent le marché avec La Presse+ et Le Devoir s'échangent gratuitement les dessins des caricaturistes qui travaillent en leur sein.

C'est ainsi qu'il m'arrive, de même que Mario Lacroix du Quotidien, d'être publié dans Le Soleil  à Québec pendant les vacances d'André-Philippe Côté. 

Nous nous retrouvons également dans La Tribune de Sherbrooke où nous comblons le vide laissé par le départ d'Hervé Philippe, qui a vu disparaitre son poste permanent en janvier dernier.

D'après mes calculs, il ne reste environ que sept postes de dessinateurs à plein temps au pays.

Tout un changement avec la situation qui prévalait il y a quarante ans à mes débuts dans la profession.

2 commentaires:

  1. Oulala...quelle explication détaillée et, comme tu le mentionnes, fort déprimante. J'aimerais bien que la Presse ou le Devoir publie ton article si intéressant.

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  2. Il y a aussi Robert Paquette qu'on ne voit plus à la Voie de l'Est de Granby...

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